Terre-envie

un blog exploratoire de Taty Lauwers

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19.1 Notes perso du stage de Naked Raku d'Anima Roos 
chez Atelier Cirkel 2008

J'en ai retenu quelques règles capitales pour réussir le naked raku selon Anima, qui est une formatrice hors pair, d'une clarté peu commune, très structurée, calme et patiente tout en étant montée sur piles nucléaires. Une énigme... J'adore aussi son travail (porcelaine tournée très fine... www.animaroos.be).

1. Polissage capital. Moi qui voulais m'épargner cette partie du boulot, je me rends bien compte sur mes propres essais que le grès (DFS ici) ou la porcelaine (PT298 ici) s'ils ne sont pas polis ne donnent pas grand résultat

1 et 1a. porcelaine sulfatée cobalt sans TS et non polie
2-3. PC sans TS et non polie (ligne protégée avec du liquitex avant enfumage)
4. DFS sans TS et non polie
Même en imaginant les cirer après, bof-bof.

A texture plus sec que cuir mais pas ttàfait sec, (parfois avec un peu d'eau en spray ou éponge), Anima polit sur le tour avec une estèque taillée dans une carte de crédit, puis limée sur les côtés. C'est très rapide, car elle fait des formes simples, sans ajouts et tournassables. Pas besoin d'agate et pas de coups dans la pièce. OK si terre peu chamottée. Sinon, besoin d'un engobe. Elle n'utilise pas d'huile.




1: TS de MRH recette VP
2. TS de MRH recette JS (qui craquelait après biscuit)
3. TS BC recette VP mal polie; le sgraffite du couvercle: laissé les escarbiles, bof bof...
4. TS BC sulfatée par double trempage (traînée gauche existait déjà après biscuit, souvenir de sulfate de  cuivre dans la cazette?)

Le timing de couverture est capital. Entre l'engobage et l'émaillage, il faut soit le minimum soit le maximum de temps. Minimum: quand l'engobe semble séché (blanchi), en dix minutes parfois, en 30 minutes souvent. Maximum: 2 jours, quand l'engobe est totalement sec. Si trop long, l'émail va couvrir en bullant, ce qui donnera la peau de bébé phoque comme sur la photo 4. Si trop court, l'émail va fondre dans l'engobe (ma voisine Françoise a tout accéléré, sans écouter; rien n'a collé au final).

Terre de base. Si contient silice comme 30% dans la DFS30, sera plus poreuse, plus flexible. Raku ou raku nu: règles de base: pas d'humidité, terre souple.

Formes simples, ne fût ce que pour pouvoir polisser au tour...

J'aurais dû photographier la plaque de Françoise au final. Simple panneau protégé de tape. Françoise se rappelle (pas sûre) qu'elle n'a pas pas poli et pas sigillé... Lui demanderai une photo.

Engobe de naked raku d'AR = "slip de raku". Encore plus facile que les recettes des autres raku-nudifiants (proportions de kaolin, silice, etc. comme "silice 70/75 et kao 20/25 épais ou argile50/silice50"), Anima utilise de l'engobe de sa terre de grès (aucune autre ne convient, ni PC ni faïence). Très liquide, presque pour spray.

  • si le slip de raku tombe en séchant, c'est qu'il est trop épais; tout recommencer, il faut le faire plus fin (ou mouiller le tesson et appliquer deux fines couches)
  • si le slip est trop fin, il collera au rakufiage
  • si la paroi est trop fine, n'engober/émailler que d'un côté
  • application par trempage (sauf géants pots): kopke/poepke semble très logique
  • mélanger souvent le slip
  • si tire des lignes, le faire avec une pointe en bois, quand pas tout à fait sec (sinon risque de fondre avec slip de raku); frotter les escarbilles.
  • ne pas forcer le séchage, va craquer
     

Engobe de coloration avant biscuit. Anima n'utilise pas la terre sigillée, car (surtout les rouges), elles collent parfois trop à l'engobe (fusion surtout si à base de faïence). Sa recette : engobe de porcelaine + 10% de fritte alcaline + 8-10% de pigments. Très fin, en trois couches. Application très liquide sur pot presque sec, en trois couches croisées si pinceau. Poli dès que l'eau est absorbée
Elle n'utilise que des pigments colorants, car à ces températures quasi aucun oxyde ni carbonate ne donnera de résultat. Ce pourquoi j'ai fait des tests en sulfates. Anima reconnaît qu'ils sont excessivement toxiques, mais ne les a jamais cuits en cazette (conseil classique pour éviter les dépôts de sulfate sur les résistances ou même sur les parois du four). Toutes les deux cuissons elle s'assure qu'aucun sulfate n'est dans les pots, pour "nettoyer".

Email. La recette d'AR est 65% de fritte alcaline 3110 et de 35% de gerstley borate ou de 35 % une fritte borocalcique . Epaisseur normale quand on le réalise, mais ça devient épais comme de la colle à papier peint à cause du GeBo. Ne pas trop diluer (solution: 17.5% de gebo et 17.5% de borocalcique). Anima ajoute un peu de fer (+-3%) pour que la couleur le différencie du slip de raku. L'utilise pour le raku aussi.

  • J'ai noté "pas de slip sans engobe dessus sinon difficile à faire sauter" mais ça me semble tellement illogique?
  • Mes anciennes notes d'internet: 80 fritte alcaline + 20 syénite (5à7% SnOx pour blanc)
  • ne jamais retoucher à ce stade-ci: effacer et recommencer, sinon l'émail risque de se mêler à l'engobe et on est mal bar'
  • si l'émail est mis sur du slip de raku trop sec (sans l'être complètement, après 30' p;ex.), il y aura bulles. Ne pas frotter. ça donnera "la peau de bébé phoques", comme sur le dauphin.
  • ne pas forcer le séchage, va craquer

Four. Sans pyromètre, évaluer qu'après les premières bulles intervient le "beurrage";  arrêter avant le brillant qui suit et surtout avant les deuxièmes séries de bulles. Il serait alors trop tard. 950°C? Pour l'enfournage et défournage, comme raku classique. Pour le choix des pinces, sa démonstration était si claire que je me rappelerai.

  • ne jamais dépasser 0.8 de pression
  • toujours ouvrir pression puis allumer (gaz), idem fermer
  • toujours lancer la cuisson four ouvert, pour cas de mélange de gaz/air malvenu
  • toujours commencer brûleur loin (réduction)
  • t°: si monte vite, 950°C max, si monte lentement, 850°C
    plus haut t° plus nombreuses les craquelures
  • si vaguement humides, pots dans le premier enfournage. Idéal: sécher -> 150°C en trois heures (une heure  =OK).

Enfumage. Deux briques et copeaux d'hamster jusqu'à affleurement (ou copeaux garantis sans résine sinon encrassera le tonneau), puis deux feuilles de journal étalées. On dépose les pièces dessus et on referme. Deux minutes puis rallumage en rajoutant du journal froissé et une poignée de copeaux. Parfois léger copeaux sur un tesson pour forcer le craquelé. On s'assure que le feu a bien pris en dessous des pièces (Anima les retourne dans la flamme avec les gants, directement). C'est à ce moment qu'on peut aussi forcer un peu des traces d'enfumage. On referme une dizaine de minutes, si pas plus.

La densité du noir de fumée ne dépend pas de la fumée mais de la réduction, j'ai enfin compris. Il doit donc y avoir du feu...

Troubleshooting.

  • Si le slip de raku ne s'enlève pas (svt avec porcelaine): 1/ trop poli; 2/ couche trop fine 3/ cuit trop haut 4/ TS ou faïence 5/ retouché émail ou autre manoeuvre qui mélange slip et émail  6/coincé dans les coins
  • Si le slip de raku tombe trop vite: trop épais
  • Si le slip de raku tombe au four: trop épais, trop vite cuit, émail trop épais, terre?

Variations. Placer du tape sur le tesson (donnera une ligne nette et noire) ou entre l'engobe et l'émail (plus flou).

 

1. Lieve: avant engobage
2. RoseMarie: avant engobage, sur le cercle; après engobage sur le corps

Je voudrais aussi essayer

  • des variations d'épaisseur d'engobes pour provoquer d'autres craquelures
  • de laisser une partie émaillée délibérément
  • faire sauter une partie de l'émail avant enfumage final

5. Craquelé autres techniques. Comme ma sigillée recette JS craquèle déjà au biscuit, je pourrais tout simplement faire du faux craquelé: la cuire à grès puis la badigeonner d'encre... Anima m'a éclairci sur ce qui suit: si je veux faire du craquelé à la pierre bayle, il faut que je trouve le point de biscuitage précis pour ma terre sigillée où elle se ferme (ne prendra donc plus la fumée), mais en laissant les craquelures qui elles s'enfumeront encore. Comme mon thermorégulateur semble se tromper, je vais l'étalonner avec des cones. A 1240°C selon lui, j'ai testé qu'on est à 1260°C. Mais mon biscuit prétendûment à 950°C a, selon Anima comme selon Patty au stage précédent, plutôt l'air d'un 1000°C. Un saut de 50°C...

Resist slip ("rook stook" selon Anima)

Test d'enfumage en cazette dans le four àraku -> 650°C, deuxième fois -> 750°C.

Dans la cazette: deux briques entourées de journaux et de copeaux de hamster, dessus: une grille à poule pour déposer les pots les uns sur les autres, plus de combustibles qui touchent les pièces, puis fermer et laisser une minime ouverture en haut. Fermer avec des tessons blancs pour pouvoir évaluer l'enfumage par leur couleur. Placer le pyromètre en haut: 680°C idéal.

Deuxième technique plus simple et plus rapide, mais sans explication technique possible selon Anima. Ma voisine Françoise confirme qu'elle a eu de superbes contrastes avec cette technique. Chaque point compte si on veut avoir de très beaux contrastes noir sur blanc. Objet sur une grille directement au dessus des flammes, le bout des flammes touchant les pièces mais pas plus, par un jour sans vent. Uniquement alimenter avec carton et papier, pas de bois. Quinze minutes + idem.

Variations

Couvrir un tesson poli et biscuité d'un engobe d'épaisseur normale, ou d'un autre très très épais. En jouant sur l'alternance, on provoque un plus ou moins fort enfumage. Sgraffiter: évident. Ou entourer d'une ficelle et engober. Ou d'un papier alu percé de trous. Ou  d'un filet à citrons... Ou toutes les techniques déjà vues chez Patty en été: sulfates, métal etc.


sur DFS avec TS de ball clay
1. avant enfumage
2. la zone blanche = l'engobe épais
3. résultat de sgraffitage de l'engobe d'enfumage

sur DFS
1. TS MRH de JS, mal polie: deux épaisseurs d'engobe
2. TS BC et sulfatée, polie: traces d'engobe épais + sgraffitée

 

1 et 2. sur DFS avec TS de JS déjà craquelée au biscuit
3. idem après enfumage
4 et 5. idem après enfumage et frotté à la peinture à l'huile blanche (Zn ou Ti) et rincé à la térébenthine

ça m'amusait de faire des craquelures d'enfumage inversé. J'ai essayé à la peinture acrylique idem, mais elle s'efface mal à l'eau, j'ai dû utiliser du thinner (la belle crasse...)

Four à raku en briques réfractaires

C'est décidé, je me le construis ce four dans le jardin. Et je me mets à rakufier dès que possible. Le four sera en briques réfractaires car je suis hyperréactive aux deux formes de fibres (même la dernière née, réputée "saine"...). J'achèterai des JM23 chez les fours H&C, qui coûtent 1.98 euros htva 21%. Besoin de 72 pour les murs et de 27 pour le sol.   Selon les bons conseils de Jean-Pierre, je mettrai deux briques sur le sol en V majuscules à l'ouverture du brûleur, pour diriger la flamme.
NB 2012. Entretemps j'ai acheté le four raku en briques réfractaire conseillé par Anima, avec entrée de gaz par en-dessous (chez Keramikos via Colpaert). Elle arrive même à y cuire à grès.

Conseil Anima - voir le boulot enfumage de Miguel Molet sur son site

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